Frontières visibles, frontières invisibles, à Tournai, à Lille et à Roubaix, différents collectifs inventent des manières de les dépasser, de les repenser entre les quartiers, de les diluer entre les médias et les citoyens, entre l’art et les comités de quartiers, entre la musique et la politique. Des structures se regroupent pour croiser leurs regards sur le logement, en inventant des modes de repenser les friches et les lisières urbaines.
Venez nombreux, avec vos instruments de
musique, vos canoës-kayaks, vos cannes à
pêche, vos chansons, votre bonne humeur…
Capacitation Citoyenne arrive en ville !
Des collectifs se sont réunis le 4 juin à Dunkerque, en présence d’élus et de professionnels, pour préparer l’étape dunkerquoise de la “Karavane de Capacitation Citoyenne”, qui se déroulera autour des enjeux liés à l’eau les 19 et 20 septembre 2009
La venue de la Karavane est une occasion de travailler sur l’image de nos groupes à l’extérieur. On ressent parfois une certaine peur de la vieillesse, de l’étranger, de la rue. Pourtant, nous sommes tous plus vieux qu’un autre, plus étranger qu’un autre, plus dans la difficulté qu’un autre. La Karavane, c’est alors une opportunité de montrer nos capacités et nos potentiels au-delà de ces images qui nous mettent parfois à distance de nos voisins.
L’idée qui se renforce au niveau de la Karavane comme un tout, c’est bien de venir accueillir les gens à la gare. A Bruxelles, la gare du midi est sans doute la plus appropriée, si certaines personnes viennent de France, de Lille, de Tournai, de Charleroi… Il y aura au moins un temps d’arrêt à la Maison De Latour dans la mesure où les personnes qui y résident ont parfois une très faible mobilité. Un passage par le Parvis de Saint Gilles, à proximité d’où Seniors sans Frontière a ses locaux est aussi intéressant.
Les groupes Capacitation Citoyenne ont décidé d’accueillir cet événement sur leur territoire. Il s’agira de trouver un endroit accessible et assez grand pour recevoir l’ensemble des acteurs du réseau, du quartier, de la ville, de l’Ile-de-France… L’idée est de faire en sorte que les porteurs de projets se mélangent, se connaissent ; de montrer que des choses existent ; de rendre visibles ce dont on est capables partout pour qu’on puisse être pris en compte. Ainsi, le thème fédérateur pourrait être la question du vivre ensemble, vivre dans l’interculturel.
Et si on partait à pied du quartier pour traverser toute la ville et organiser un campement événement devant le siège de la CGT, en coopération avec eux, rencontre du monde des syndicats avec la KARAVANE au cœur de la ville ?
Les habitants rassemblés dans la Karavane affirment leur rôle et leur compétence :
- dans le débat démocratique
- dans la gestion de la ville
Ils demandent une reconnaissance réelle. Ils sont souvent des partenaires oubliés :
1. Il faut établir la confiance, mettre fin au climat de suspicion réciproque. Ceci est une nécessité absolue, une priorité
2. Reconnaître et accepter les différences de rôle, de culture, d’âge est une nécessité absolue indispensable pour que chacun « prenne place » dans la ville
3. Les habitants restent persuadés de devoir s’organiser, d’afficher des identités collectives indépendantes des partenaires politiques et techniques.
4. Sans minimiser les demandes faites par la puissance publique, les habitants exigent que leurs propres initiatives rentrent en débat et reçoivent l’accueil et l’appui des autres partenaires
5. Ils revendiquent notamment l’appui direct des compétences des techniciens : information et assistance technique
6. Leur droit à l’initiative ne peut pas cependant que servir à pallier la puissance publique. Trop souvent nous aidons la puissance publique à finir la ville, le département, le pays, à faire à la place ce que la puissance publique n’a pas fait, n’a pas su faire ou n’a pas voulu faire.
Il est URGENT que ce processus s’engage sans tarder si on ne veut pas s’exposer à des démissions ou révoltes incontrôlées pouvant nous conduire à toute sorte d’aventure.
L’expérience que des habitants organisés en association font, c’est la découverte que son problème individuel est vécu par d’autre. Ils découvrent qu’ils font peuple.
Capacitation Citoyenne contribue à la même chose en élargissant le regard au delà du quartier, de la ville ou du pays.
Je n’ai jamais été écouté
Je n’ai pas été entendu
Je n’ai pas été soutenu
Je n’ai jamais été riche
Je n’ai pas de travail
Je n’ai pas de logement
Je n’ai pas de diplôme
Je n’ai jamais été valorisé
Je n’ai pas de pouvoir
Je n’ai ni le pouvoir, ni l’avoir, ni le savoir, mais je suis un homme. J’ai un cœur, une intelligence, une dignité. Je suis capable d’amitié, de solidarité, de réflexion.
J’ai soif de justice, je n’ai pas forcément envie de réussir dans la vie, mais j’aimerais tant pour moi et mes proches que nous réussissons nos vies. J’ai l’impression que les puissants ont besoin que je vive tout ces « pas » pour qu’eux gardent et accroissent leur puissance.
Capacitation, un lieu de partage à l’échelle de l’Europe. Ensemble, on élargit son regard. On se partage nos souffrances, nos espoirs ; un lieu de cohésion sociale, lieu d’espérance qu’un jour nos doléances seront entendues. Nous faisons l’expérience qu’ensemble on est plus fort et que nous sommes capables de grandes choses.
Imaginons : Tu entres dans un espace, tout est noir ou très doucement éclairé avec quelques fauteuils, tu es bien… c’est silen-cieux, sauf que de temps en temps tu en-tends le bruit d’une goutte d’eau, comme un robinet qui goutte: L’EAU. C’est l’ouverture du parcours.
Puis tu découvres un autre espace, là, à mon avis il faut trouver quelque chose de hard, montrant que l’eau c’est rare, que cela se mérite, que pour certains il faut aller la cher-cher, la trouver. Alors pourquoi pas un es-pace tout blanc, éblouissant, brûlant même et le bruit d’une poulie qui tourne, le braiement d’un âne qui tire et des femmes qui attendent avec des bidons et l’outre qui remonte et l’eau qui coule dans les bidons et des rires et les femmes qui repartent vers là où elles sur-vivent grâce à l’eau à boire.
Et puis tu passes dans un autre espace, gris par exemple, et tu entends le tonnerre, la pluie qui tombe, qui ruisselle, qui envahit, qui inonde, qui vit, qui fait vivre : l’eau à pleuvoir.
Un autre espace : le bruit de rameurs, le floc floc des spatules qui accrochent la surface lisse d’un canal ou d’un lac et le souffle des rameurs, le moteur d’une péniche, celui d’une écluse : l’eau pour se mouvoir.
Et la promenade continue, une autre pièce : on pleure, un homme, une femme ou un enfant mais pas un nouveau-né, ce ne sont pas des pleurs hystériques, non, la personne offre son eau à un autre, comme Muhab Dib dans DUNE : l’eau à émouvoir. Le but, c’est de faire ressentir des larmes de joie, de bon-heur.
Et la promenade se poursuit vers l’eau à voir, ce serait bien que cela continue uniquement par l’ouie, par exemple le bruit grandiose d’une chute d’eau, mais ça peut devenir vi-suel, voire spectaculaire, qu’on se retrouve au cœur des chutes du Niagara ou du Zambèze.
Chaque espace est d’une couleur différente et on ne sait jamais ce qu’on va découvrir au fur et à mesure qu’on avance. Tout cela peut être situé sur la place du Palais de Justice ou le long d’un parcours, par exemple le long des canaux.
Je sais c’est furieusement premier degré, mais peut-être que pas trop sophistiqué, c’est plus facile à faire passer.
Et on doit pouvoir trouver des images et des sons !!!