La Karavane

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La  Karavane de Capacitation Citoyenne

Ici, la grande industrie s’est effondrée, laissant des centaines de familles dans un grand dénuement, sans travail, sans abri, sans espoir. Ici les barrières du langage coupent des populations entières de leurs droits et de leur avenir. Ici la jeunesse n’a d’autre projet que de traverser la mer. Ici, indifférence et solitude ont remplacé dignité et citoyenneté. Ici même l’eau a perdu sa saveur de vie dans les déchets. Ici, beaucoup n’ont plus le sentiment d’avoir une place, une raison d’être.

La solidarité portée par les pouvoirs publics est froide, mal comprise, mal défendue, elle isole chaque individu dans un traitement social infantilisant. Les partis ne s’appliquent qu’à reconquérir ou garder le pouvoir.
Pourtant,
Partout,
de Charleroi à Montreuil-sous-Bois, de Grenoble à Liège ou Tournai, de Champigny à Dunkerque, de Fontaine à Valenciennes ou Roubaix,
des collectifs d’habitants, de chômeurs, de femmes, de jeunes sont capables de tout, même de remédier à ces fractures sociales et politiques qui désarment nos décideurs.

Depuis bientôt dix ans, des acteurs de ces milliers d’actions qui changent la vie des gens au quotidien se rencontrent, se racontent et s’affrontent. Patiemment, ils construisent, dans un long débat fait de leurs différences, une intelligence collective au service d’un projet de civilisation. C’est le réseau Capacitation Citoyenne.

Mais qui le sait ? On ne les écoute pas.
Alors ils ont décidé de se lever, de marcher d’une ville à l’autre, de parler plus haut sur les places publiques, de dire qu’ils sont capables de beaucoup, surtout si d’autres les imitent.

La Karavane est née. C’est un convoi hétéroclite, certains marcheront pieds nus, d’autres porteront chapeaux, robes de fêtes ou haillons, surtout, tous parleront, de leur vie et de leurs victoires, aux passants comme aux élus, aux gens qu’ils croiseront et qui sûrement voudront les voir.
Deux jours de campement à Bruxelles, une nuit à Tournai, la Karavane est déjà à Liège, on l’annonce à Dunkerque, Lille et Roubaix, la voici à Montreuil et Grenoble. Plus tard, ira-t-elle à Alger ? À Dakar, ou à Kayes ?

Dans chaque campement, comme sous le chapiteau des forains, on montrera ce qu’on sait faire, et on invitera chaque passant à entrer sur la piste où il pourra lui aussi afficher son talent. On fera un peu de bruit, avec des grosses-caisses pour faire rire les enfants, avec la radio, la télé et les journaux pour crier derrière les murs jusque dans les salons douillets. On attendra, même tard dans la nuit, la venue des élus.

Peut-être certains voudront monter le lendemain dans la Karavane pour rejoindre le prochain campement… Peut-être certains deviendront forains aussi et comprendront que le talent de gens est aussi à leur disposition pour changer le monde.

7 réponses vers «La Karavane»

  1. CHIRON dit :

    Bonjour,
    En thèse de Sciences de l’Education à Paris X Nanterre, j’effectue une recherche sur la participation des 15-25 ans dans des processus de décision (associations, commissions municipales ou extra municipales, groupes informels, etc.). Mon objectif est de montrer comment cette catégorie de la population prend part aux échanges et en arrive ou non, à peser dans les décisions.

    Je suis en veille, à titre de comparaison, de toutes expériences en France ou à l’étranger, d’implication de jeunes de 15 à 25 ans, dans des dispositifs participatifs. Je suis également ouvert à l’échange avec vous et votre réseau afin de vous faire part de ma recherche qui débute.

    Bien cordialement.

    Pierre-Yves Chiron

    • Marie dit :

      Bonjour,
      concernant la participation des jeunes dans des procéssus de décisions, vous pouvez contacter Isabelle Poirot ou Olivier Andrique de Cap Berriat, association grenobloise qui travaille à l’accompagnement des jeunes porteurs de projets (16-30 ans).
      N’hésitez pas à nous contacter pour toutes informations complémentaires.
      A bientôt

  2. frederique dit :

    je vous attends avec impatience à Dunkerque !!!!

  3. Fethi dit :

    il faut toujours davantage à la question de l’eau. Dans bien des pays, il s’agit d’élaborer une structure de gestion de la ressource.Ce qu’il est essentiel de faire, c’est de réunir les différents acteurs du domaine – ministères gouvernementaux, représentants d’industries et de grandes entreprises, etc. – et de les inciter à débattre de toutes les dimensions de l’utilisation de l’eau, notamment des répercussions qu’a sur les autres secteurs d’activité l’usage qu’un secteur donné fait de l’eau

  4. Penda dit :

    Je vous attends avec impatience à Dakar ( Sénégal ).L’eau cette source de vie est une denrée très rare, très chère en Afrique particulièrement au Sénégal; sans cette ressource et sa maitrise on peut parler de développement .

  5. benlama dit :

    l’eau élément essentiel à la vie depuis le temps des temps, mais aujourd’hui ils ne nous restent hélas peu de temps pour la sauver et la respecter, afin de sauver la vie.

  6. Vincent Laviolette dit :

    Bonjour,

    Vous utilisez diverses méthodes pour animer vos passages dans les différentes communes que vous visitez et amener les citoyens que vous croisez à participer.

    Agent de développement, j’encadre des communes rurales belges et suis avec plusieurs de mes collègues à la recherche de nouvelles méthodes de participation citoyenne.
    Je serais intéressé d’en savoir un peu plus à propos de la méthodologie que vous utilisez dans le « théâtre de témoignages », le « ring de boxe », le « slam, et les « criées ». Vous serait-il possible de m’endire un peu plus, je ne trouve pas grand chose à ce sujet sur le net?

    Merci pour vos infos en retour.

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